Intelligence artificielle et le futur du travail

Intelligence artificielle et le futur du travail

Nous voici de retour pour un nouveau Food for Thought. Cette fois-ci, nous avons sélectionné un article de Vegard K. (et al.) qui explore l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde du travail de demain.

En effet, le monde du travail est à la veille d’importants bouleversements : la quatrième révolution industrielle est en route, portée par l’intelligence artificielle ! « Les économistes David H. Autor et David Dorn ont montré que l’informatisation et l’automatisation s’attaquaient en priorité aux emplois routiniers, dont les tâches sont répétitives et prévisibles, donc facilement automatisables. Cette routinisation concerne les emplois manuels mais aussi de service. » (Cassely, 2016).  Mais une récente étude des chercheurs des universités d’Oxford et de Yale affirme que « les intelligences artificielles pourraient occuper tous les emplois des humains d’ici 50 ans », et tous les niveaux organisationnels sont concernés !

Pour les gestionnaires, l’intelligence artificielle (IA) offre plusieurs opportunités et défis, notamment :

1 | La réduction des tâches administratives. Les gestionnaires passent en moyenne près de la moitié de leur temps sur de la coordination et du contrôle, tâches qui seront impactées dans le futur par l’IA : 86% des gestionnaires souhaiteraient avoir le support de l’IA dans le monitoring et le reporting, et 45% disent qu’ils aimeraient automatiser ces tâches.
> Ce qui se fait déjà dans d’autres secteurs : L’Associated Press est passé de 300 à 3000 rapports trimestriels d’entreprises analysés grâce à l’aide d’un robot logiciel basé sur l’IA. Résultat : les journalistes ont plus de temps pour enquêter et interpréter les données.

2 | La gestion des résistances au changement. 33% des gestionnaires de moins de 35 ans affirment qu’ils feront confiance à l’IA dans leur prise de décision, contre seulement 13% des gestionnaires de plus de 50 ans ! Est-ce une question de confiance, ou plutôt une réticence au changement ? En effet, bien que 84% des gestionnaires disent que l’IA rendra leur travail plus efficace et intéressant, 36% avouent avoir peur qu’elle ne menace leur emploi.
> Ce qui se fait déjà dans d’autres secteurs :  La compagnie Workday a développé un outil qui sait identifier les employés qui risquent de quitter l’entreprise (basé sur une soixantaine d’indicateurs clés), et l’IA propose des mesures et actions concrètes – identifiées par des expériences passées – pour les retenir (WSJ, 2017). Résultat : le gestionnaire dispose de données concrètes lui permettant d’adapter son style de leadership et de contribuer à la rétention de ces employés.

3 | Le focus sur l’expérience et l’expertise. Le bouleversement entraîné par l’IA amène une valorisation du « travail de jugement », soit l’application de l’expérience et de l’expertise humaine dans la prise de décision lorsque l’information disponible est insuffisante. Développer davantage le jugement de ses employés demandera de nouvelles compétences et mentalités.
> Ce qui se fait déjà dans d’autres secteurs :  Les recruteurs passent en moyenne 60% de leur temps à lire des CVs. Le logiciel « Resume Matcher » de SAP – testé actuellement auprès de clients de sa division SuccessFactors – filtre des centaines de profils pour en proposer le top 10. Résultat : Les recruteurs peuvent mettre à profit leurs compétences clés, en se concentrant sur les étapes à valeur ajoutée du processus de recrutement, notamment les entrevues (comportementales) et la sélection du candidat final.

L’Intelligence artificielle représente des opportunités de création de valeur, mais également des défis redoutables pour les Leaders et les gestionnaires. Alors que la division du travail change, la collaboration entre les humains et les machines va s’accélérer ! Ce qui demandera une redéfinition des rôles et des principes opérationnels, afin de les aligner sur les nouveaux défis de collaboration et d’expérimentation.

« 90 % des décideurs pensent que l’intelligence artificielle leur permettrait de redéployer les salariés vers de nouvelles fonctions, plus analytiques, plus intéressantes que de la saisie ou du travail manuel. La machine n’est pas là pour remplacer l’homme, mais pour amplifier son travail ! » (Infosys, 2017)

Bonne lecture !

“The Promise of Artificial Intelligence”, de Vegard K. et al., 2016