Philippe Mast, CRHA, CORTO.REV

Aujourd’hui, les entreprises parlent de plus en plus de la nécessité d’innover. Trois raisons principales peuvent expliquer ce phénomène. La première est d’ordre historique : depuis l’Antiquité, les périodes de l’Histoire où nous nous sommes le plus enrichis ont toujours été celles où l’on a le plus innové. À la Renaissance par exemple, la combinaison de Leaders flamboyants, d’un sens critique poussé et d’une réelle volonté de changer a permis la naissance d’un système bancaire moderne et l’essor de la bourgeoisie marchande. La deuxième raison tient au fait que nous vivons dans un état de crise quasi permanent. Au moment où l’on atteint le sommet de la crise, comme cela a été le cas en 2008, ce sont les entreprises les plus innovantes qui créent le plus de valeur et qui prennent des parts de marché importantes. Le lancement de l’iPod en 2001, ou celui de Groupon en 2008 illustrent très bien ce phénomène. La dernière raison tient au facteur de globalisation et de délocalisation de la production industrielle, qui exige de la part des pays développés qu’ils se réinventent pour rester compétitifs par rapport aux économies émergentes. À cet effet, les États-Unis sont un bon exemple à suivre : 60% des entreprises les plus innovantes en 2010 sont américaines et c’est un phénomène qui dure depuis longtemps.Or, les recherches démontrent clairement les liens étroits entre l’innovation, la créativité et la culture d’entreprise. Sans une culture interne d’ouverture, d’appropriation et de changement, il n’y a pas d’innovation. En effet, pour faciliter la mise en œuvre d’une culture d’innovation, il faut en premier communiquer sa mission et sa vision et y faire clairement apparaître sa volonté d’innover, en second faire adhérer l’équipe à des valeurs qui stimulent à la fois la créativité et l’innovation et enfin, maîtriser l’exécution des cycles d’innovation.

Il existe cependant différentes causes d’échec à la mise en œuvre d’une culture d’innovation. Les trois principales sont les suivantes :

  • le manque de prise de risque et le syndrome du « on a toujours fait ça comme ça »,
  • une culture de forte rentabilité et de court terme,
  • le travail en silo.